Les enjeux risques

L’exposition aux risques est réelle sur ce territoire de montagne : phénomènes de versant, laves torrentielles, crues rapides à fort charriage, localement risques glaciaires, inondations et coulées de boue de plus en plus fréquentes en lien avec les eaux pluviales. La protection contre les risques est donc une priorité du territoire.

La crue du 1er mai 2015 (crue centennale à Genève avec un débit de 865 m3/s), devenue la crue de référence après celle de 1968, est venu rappeler s’il en était besoin l’importance de cet enjeu pour le territoire. Si aucune victime n’a heureusement été à déplorer, les dégâts ont été très importants.

Les démarches entreprises initialement dans le cadre des contrats de rivière ont permis une nette amélioration de la situation sur les principales zones exposées. Des opérations de gestion courante (plans de gestion de matériaux solides, de la ripisylve) permettent également de limiter les risques dans les secteurs les plus exposés aux débordements. En outre des PPRi permettent aujourd’hui également une maîtrise de l’urbanisation dans les zones inondables, en particulier sur l’Arve. Compte tenu des dynamiques actuelles en cours (compétence GEMAPI, PAPI, TRI…), le territoire dispose de tous les outils pour poursuivre cette dynamique d’amélioration, à condition de mobiliser les moyens suffisants pour entretenir le patrimoine d’ouvrages en rivière déjà réalisés.

Cependant, ces actions peuvent trouver localement leurs limites. D’une part parce que le « risque 0 » n’existe pas, en particulier dans un contexte de dérèglement climatique susceptible de générer des événements « hors normes ». D’autre part, compte tenu des effets indésirables de certains types d’aménagement tels que le report des écoulements de crue vers l’aval par un endiguement systématique ou une augmentation possible de la vulnérabilité par une densification de l’urbanisation en arrière d’ouvrages qui peuvent rompre ou qui sont dimensionnés pour une crue susceptible d’être dépassée.

On observe par ailleurs une montée des risques liée à une gestion inadaptée des eaux pluviales, en lien avec l’urbanisation et la déprise agricole. Enfin le manque de prise en compte des enjeux milieux dans la gestion du risque est susceptible d’entraîner une dégradation des cours d’eau (déficit sédimentaire, chenalisation…) qui peut même être à l’origine de nouveaux risques pour les espaces riverains.

L’enjeu de la gestion future des risques est donc de pouvoir maintenir les dispositifs de protection en place, de poursuivre la sécurisation des zones actuellement exposées et de limiter les risques futurs, objectif prioritaire, en synergie avec les objectifs de préservation et de restauration des milieux. Cela passera par une vision croisée des deux problématiques, par la mobilisation de nouveaux outils et par une recherche permanente de synergie entre risques et milieux naturels.

Les enjeux risques sont les suivants :
  • Augmenter la sécurité des personnes et des biens exposés aux inondations en tenant compte du fonctionnement naturel des milieux aquatiques et en ayant une approche globale de la gestion des risques
  • Anticiper l’aggravation des risques dans les zones en cours d’urbanisation rapide potentiellement exposées aux inondations en développant les connaissances hydrauliques des secteurs orphelins et en prenant en compte le ruissellement pluvial, la mutation de l’occupation du sol et les impacts du changement climatique
  • Améliorer la résilience des territoires exposés par la culture du risque (sensibilisation, connaissance, adaptation des pratiques) et une amélioration de la prévention, de l’alerte et de la gestion de crise.
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