Les enjeux des milieux aquatiques : cours d'eau et zones humides

Les milieux et la biodiversité sont aujourd’hui dans des états très variables  selon les cours d’eau et les espaces humides du bassin de l’Arve considérés. Le réseau hydrographique situé dans les têtes de bassin peu aménagées est globalement épargné. Ces linéaires de cours d’eau présentent encore une bonne qualité globale de milieux (Borne…). Les rivières et torrents situés en fonds de vallées subissent en revanche souvent de fortes pressions. Il s’agit principalement de l’Arve, des cours d’eau situés à l’aval du territoire dans les secteurs à fort développement urbain, de la partie basse des nombreux torrents traversant zones urbaines ou infrastructures sensibles et dans une moindre mesure du Giffre.

Les altérations hydromorphologiques constituent aujourd’hui le principal facteur limitant la biodiversité des rivières, et ce malgré une qualité de l’eau, d’un point de vue global, en amélioration. Les cours d’eau très chenalisés n’offrent ainsi plus de milieux accueillants pour les poissons et espèces benthiques, et limitent les bénéfices des travaux ponctuels de restauration tels ceux de rétablissement de la continuité piscicole. Par ailleurs, 10 % des zones humides du territoire ont disparu au cours de ces trentes dernières années, principalement par « grignotage ».

La tendance à la dégradation accélérée des milieux pendant les années 1950-1980 a été enrayée, grâce à l’évolution de la législation (arrêt des extractions de matériaux alluvionnaires dans les années 1980, dispositifs de préservation et de restauration des cours d’eau mis en place par la loi sur l’eau de 1992 et renforcés par la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, dispositifs de protection des zones humides de plus de 1000 m²…), et sous l’effet des contrats de rivière et autres outils de gestion opérationnels des milieux aquatiques.

Toutefois, compte tenu des évolutions actuelles, associées aux démarches de gestion des rivières en cours ou en projet, les contrastes entre secteurs de « nature ordinaire » sous pression, et secteurs emblématiques protégés et gérés, sont appelés à augmenter.

Ainsi une amélioration de l’ensemble de l’état des cours d’eau et des zones humides nécessite des mesures à la hauteur des pressions importantes exercées sur ces milieux : faible transit sédimentaire sur l’Arve en moyenne et basse vallée, corsetage de la plupart des cours d’eau, perturbations hydrologiques de plus en plus fortes sur les sous-bassins versants en cours d’urbanisation, dissémination des plantes invasives…

L’approche des enjeux de milieux devra être étroitement liée à la gestion des risques. Risque et hydromorphologie sont en effet devenus des thématiques intimement liées suite à l’artificialisation de l’« espace de bon fonctionnement » des cours d’eau naturellement soumis aux inondations. L’urbanisation, les infrastructures et les dispositifs de protection (ouvrages, curages…), rendus nécessaires par le développement, ont fortement contraint les milieux et réduit drastiquement les zones inondables. Les risques d’inondation sont malgré tout restés un enjeu majeur du territoire du fait du report des écoulements de crue vers l’aval ou de l’augmentation de la vulnérabilité en arrière de digues toujours susceptibles de rompre. Face aux limites d’une gestion « classique » des risques, la préservation et la restauration d’espaces dédiés aux cours d’eau et des processus naturels doivent contribuer à répondre conjointement aux enjeux risques et milieux.

Les enjeux milieux sont les suivants :
  • Préserver et restaurer les zones humides, les espaces de bon fonctionnement et l’hydromorphologie des cours d’eau, par une maîtrise des pressions, en tenant compte des enjeux humains et en cohérence avec la stratégie de gestion des ouvrages en rivière
  • Préserver la biodiversité des milieux aquatiques et lutter contre le développement des plantes invasives
  • Protéger et valoriser les espaces aquatiques emblématiques du territoire comme facteurs d’amélioration de la biodiversité et du cadre de vie par des actions de protection et de restauration qui concilient fréquentation du public et préservation de ces espaces.
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